Action après mission en Jamaïque

Après cette mission sur la thématique du Sida, j'ai réalisé une exposition retrassant notre voyage jour après jour et organisation après organisation. Cette exposition a duré 2 semaine et était dans le hall du centre culturel de ma ville !!
C'était mon premier gros projet en tant que jeune ambassadeur UNICEF, ça na pas été facile mais au final j'y suis arrivé avec l'aide de ma marraine UNICEF pour les démarches auprès des collectivités locales !!
En parallèle de cette exposition, j'ai organisé une conférence toujours sur la thématique Sida avec un médecin spécialisé en Sidéologie !!

# Posté le jeudi 07 juin 2007 08:36

Modifié le jeudi 07 juin 2007 17:12

Mission Jamaïque sur le sida / Part 7 / « Le sida m'a volé mon avenir »

Mission Jamaïque sur le sida / Part 7 / « Le sida m'a volé mon avenir »
Deux jeunes ambassadrices, Aurélie Dion et Lorenn Fouquet, racontent avec Valérie Monsch, membre du bureau de l'Unicef France, leur visite du service pédiatrique du Pr. Christie et deux récits de vie d'enfants ayant contracté le VIH.

« Le sida m'a volé mon avenir » : c'est le terrible constat d'un enfant de 9 ans infecté ; après avoir perdu successivement sa mère et son père, il se retrouve seul dans une maison d'accueil spécialisée, il ne va plus à l'école, il se sent perdu. D'après son père, sa mère en l'allaitant lui aurait "transmis la mort au lieu de lui transmettre la vie"... À son arrivée à l'hôpital, il était rachitique, petit et avait des problèmes au niveau du système lymphatique. Cet enfant tellement désorienté a demandé au médecin de l'adopter. Enfant brillant, sa maladie l'a empêché de suivre sa scolarité normalement. Il éprouve le besoin de refaire le dépistage à plusieurs reprises pour briser sa solitude en gardant des contacts avec le personnel hospitalier. Etre adopté n'est pas chose facile, mais lorsque l'on est séropositif c'est impossible ; le sida lui a volé le meilleur de son avenir.

Le Professeur Célia Christie nous accueille dans son service pédiatrique périnatal spécialisé dans les infections du VIH, accompagné de son infirmière en chef, Pauline Palmer. Après ses études de médecine et un diplôme en maladies infectieuses à Yale, le Professeur Christie est arrivée dans cet établissement il y a sept ans.

Depuis 2002, grâce à un financement d'un demi million de dollars de la Fondation Elisabeth Glaser, quatre objectifs ont été définis :

formation du personnel hospitalier spécialisée dans les infections liées à la contraction du VIH ;
prévention de la transmission de la mère à l'enfant (PTME) : conseil, dépistage, traitement... 400 femmes ont été suivies et 380 enfants sont nés depuis la mise en place du projet. De 30% de contamination de la mère à l'enfant, le taux est descendu à 6% grâce à ce programme : traitement antirétroviraux (ARV), césariennes, allaitement artificiel pour prévenir la contamination de l'enfant. 1,8 millions d'habitants vivent à Kingston, la capitale. Quatre cliniques de ce type sont déjà en place. Dans celles-ci, 200 enfants sont actuellement pris en charge.
identification des enfants et des adolescents infectés : test rapide "Elisa", contrôle des CD4, traitement prophylactique des maladies opportunistes (tuberculose, pneumonie...) 90% des enfants infectés sont sous ARV, et grâce à ces traitements, beaucoup moins d'enfants sont hospitalisés.
recherche et documentation à partir de cette expérience menée depuis 4 ans au niveau régional, national et sur l'ensemble de la zone Caraïbes. Un rapport sera d'ailleurs présenté au XVIe Congrès international sur le sida (Toronto, août 2006) sur le travail mené ces trois dernières années.

« J'étais choquée et je ne pouvais plus bouger »
Un chauffeur de taxi n'a pas hésité à abuser sexuellement d'une jeune fille de 14 ans. Par cet acte de violence, il lui a transmis le VIH. Le médecin qui l'a reçue lui a prescrit un traitement préventif contre les MST, mais, malheureusement pour elle, pas contre le sida.

Quelques semaines plus tard les symptômes d'une primo infection se sont déclarés : fièvre, éruption cutanée, douleurs articulaires... Le test la déclare séropositive. Le comportement de sa mère, très inquiète à l'idée de contracter elle-même le VIH, en utilisant notamment les mêmes sanitaires, prouve que l'information est encore mal diffusée et assimilée.

À ce jour, cette jeune fille sous ARV vit chez ses grands parents dans une campagne retirée. Elle n'a pas passé ses examens scolaires, sort peu de chez elle et semble manquer de soutien affectif. Pour elle aussi, vivre avec le sida c'est vivre sans avenir

# Posté le mercredi 06 juin 2007 15:46

Mission en Jamaïque /part 6 / "Une belle carte postale ...gâchée par le sida"

Mission en Jamaïque /part 6 / "Une belle carte postale ...gâchée par le sida"
Jeunes ambassadeurs de l'Unicef, Emmanuel Gerlin et Laure Rustenholz ont été accueillis au bureau Unicef de Kingston. Après la présentation qui leur a été faite, ils dressent un tableau du VIH/sida en Jamaïque et donnent leurs impressions sur le pays.

« La Jamaïque, troisième plus grande île des Caraïbes, fait rêver de nombreux touristes de toutes nationalités, avec ses trois S : Sea, Sex and Sun... mais un quatrième S vient gâcher cette belle carte postale : le Sida.

En effet, l'île n'a pas été épargnée par la pandémie, avec 1,2% de la population évaluée séropositive. Ce taux de prévalence (c'est à dire le nombre de personnes touchées en regard de la population) peut paraître relativement peu élevé comparé à celui de certains pays d'Afrique subsaharienne où il avoisine les 30%.

Mais ces 1,2%, ce sont 22 000 personnes vivant avec le VIH et 9 200 malades du sida, ce qui en fait le second pays le plus touché des Caraïbes. Le virus est transmis dans 70% des cas par un rapport sexuel et dans 30% des cas par transmission de la mère à l'enfant.

Si aucune catégorie sociale du pays n'est épargnée, des disparités régionales, sociales existent. La plupart des cas sont recensés dans les deux premières villes du pays, Kingston, où vit 40% de la population (soit près de 2 millions d'habitants), et surtout Montego Bay, capitale touristique du pays, dans le Nord Ouest de l'île. Conséquence de l'épidémie : on compte en Jamaïque 20 000 enfants vulnérables et 5 000 orphelins à cause du sida.

Ici, l'épidémie plonge ses racines dans l'histoire et se nourrit d'un contexte socio-économique précaire : le tourisme, dans la région de Montego Bay, qui attire des populations rurales en quête d'un peu d'argent et d'un avenir meilleur, le tourisme sexuel qui diffuse la maladie auprès de ces groupes vulnérables, le taux de chômage très élevé en particulier auprès des jeunes et l'absence pour cette jeunesse de toute perspective d'avenir.

Ainsi, comme l'explique Pénélope, responsable du programme sida pour l'Unicef, « beaucoup de jeunes gens sont prêts à négocier une relation sexuelle contre une paire de Nike, un tour en voiture ou un T-shirt Miss Sixties ». De jeunes femmes mais aussi de jeunes hommes dans un pays qui remporte pourtant la palme mondiale de l'homophobie. Héritage de l'esclavage, où les hommes étaient considérés comme une force de travail et comme des géniteurs, et punis de sodomie. Pendant plusieurs siècles, l'esclavage a séparé hommes et femmes et enfants. Aujourd'hui, les stigmates de cette histoire se traduisent par un pourcentage : 60% de foyers monoparentaux, menés par des femmes, et plus vulnérables. Le poids de la religion, enfin, ou plutôt des religions, qui prônent l'abstinence, refusent la contraception, faisant ainsi le lit du sida, sur fond d'ignorance sur la maladie.

Mais l'énergie qui se dégage des jeunes activistes et de tous ceux qui sont impliqués, à l'Unicef ou ailleurs, dans la lutte contre le sida fait naître l'espoir d'enfin effacer les mauvaises ombres du tableau ».

# Posté le mardi 05 juin 2007 15:14

Modifié le lundi 11 juin 2007 14:56

Mission en Jamaïque / Part 5

Mission en Jamaïque / Part 5
Voici le témoignage de Emmanuel sur le Bus Bashment, bus itinérant de l'association "Children First.


"La violence et les abus sexuels dans les transports en commun étant très présents en Jamaïque, notamment sur le trajet de l'école, l'association Children First dirigée par Claudette, a créé en avril 2005 un bus itinérant, le Bus Bashment afin d'enrayer cette situation. En une année, 20 000 jeunes ont été touchés par ce projet. Attirés par le théâtre, la musique et des interludes sur la pose de préservatifs et sur la prévention du VIH/sida, les jeunes reçoivent des informations essentielles.

Les sketches, animés par l'équipe de l'association, essentiellement composée de jeunes, s'inspirent de situations réelles pour leur permettre de transmettre des messages. Des concours de rapidité sur la pose de préservatifs masculins et féminins sont aussi organisés. Le bus en lui-même leur permettra ensuite d'effectuer discrètement et gratuitement un test de dépistage du VIH. Quel que soit le résultat, la personne sera également informée sur les risques dus à une mauvaise protection contre le sida et les MST, et sera conseillée.

L'association propose également des cours aux enfants. Deux classes de 34 élèves sont séparées l'une de l'autre par une simple planche de bois. Pour suivre la leçon, les élèves n'ont d'autre choix que de parler doucement ...un peu le contraire de certains lycées de France, où il s'agit de hurler assez fort pour se faire entendre dans tout l'étage. De plus, une salle informatisée permet aux étudiants de travailler sur ordinateur. Un studio permet également de créer des vidéos avec le matériel adéquat. Enfin, une salle de coiffure permet aux étudiants intéressés de préparer un diplôme reconnu par l'éducation nationale.

Il est impressionnant de découvrir tout ce que l'association Children First, qui mérite bien son nom, propose pour les enfants. En particulier, sa souplesse dans la façon d'aborder le sida à travers le théâtre, la musique ou même des concours, est tout à fait remarquable."

# Posté le mardi 05 juin 2007 15:06

Mission en Jamaique / Part4

Mission en Jamaique / Part4
Table prévention !! photo prise dans une école de la société occidentale pour le développement de l'enfance lors d'une démonstration ...
ils sont pas si en retard que ça !!

Jeune ambassadeur en Jamaïque, Florian Noutsos raconte sa visite de la Société occidentale pour le développement de l'enfant, une association qui aide les enfants déscolarisés ou en difficulté scolaire, à Montego Bay.

« Jeudi matin, nous sommes partis pour Montego Bay. Nous avons traversé les hautes collines creusées de rivières et couvertes d'une jungle épaisse jusqu'à la côte sublime du Nord où se déploient les activités touristiques de l'île. Loin des plages de sable fin, dans un quartier populaire de la ville, se trouve un immeuble avec un atelier de mécanique en rez-de-chaussée, un immeuble qui abrite aussi la Société occidentale pour le développement de l'enfant.

Cette association travaille pour les enfants des rues, âgés de 10 à 19 ans, issus de différents quartiers de la ville de Montego Bay. Elle aide les enfants en difficulté scolaire ou déscolarisés. Les matières vont de l'enseignement général à des qualifications professionnelles de base, avec toujours un accent mis sur le développement personnel, familial, la santé et l'éducation sexuelle. A terme, cette association place les jeunes dans des écoles ou les aide à trouver du travail.

Quand on entre dans ces classes, et que l'on voit ces enfants tous collés les uns aux autres, on se demande comment ils pourront réussir à s'en sortir dans ces conditions. Ces enfants sont là pour combler leurs lacunes scolaires, apprendre les « life skills » (c'est-à-dire les compétences de bases à acquérir), et faire leurs devoirs en étant encadrés par un professeur. Ils y trouvent de l'aide dans les matières scientifiques, littéraires, mais aussi de l'information sur la sexualité et ses risques, et plus particulièrement celui du sida. Pour prévenir ce fléau, des démonstrations pertinentes sont utilisées : elles expliquent les étapes et les points importants, en dédramatisant la situation.

Ces enfants sont vraiment extraordinaires : lors de notre visite dans une classe, après avoir fait brièvement connaissance avec eux et après avoir discuté un peu, ils nous ont offert à chacun de petits crocodiles en perles de couleurs. Ce moment était très fort : ces enfants n'ont rien, mais ils trouvent toujours quelque chose à partager avec nous... nous, qui vivons dans notre beau « pays industrialisé », où nous ne manquons jamais de rien ».

# Posté le mardi 05 juin 2007 14:54